Énergie mondiale · Géopolitique · Raffinage · Sécurité économique
Crise mondiale du raffinage : la guerre, le diesel et les profits pétroliers redessinent la sécurité énergétique
Des raffineries russes frappées par des drones aux infrastructures énergétiques perturbées au Moyen-Orient, le marché mondial des carburants traverse une période de tensions. La Russie rétablit une partie de sa production, tandis que Shell annonce 10,8 milliards de dollars de bénéfices ajustés trimestriels. L’Union européenne réexamine simultanément le rôle stratégique de ses raffineries. Ces développements révèlent une fragilité : produire du pétrole ne garantit pas la disponibilité des carburants.
01 / Économie de l'énergie
Pourquoi la crise mondiale du raffinage ne se résume-t-elle plus au prix du pétrole ?
Le pétrole brut n'est pas directement interchangeable avec les carburants consommés par les avions, les camions ou les automobilistes. Il doit être transformé dans des raffineries capables de produire des spécifications adaptées. Lorsque ces installations sont endommagées, fermées ou saturées, la disponibilité des produits finis devient une contrainte distincte de celle du brut.
La crise de 2026 met en évidence cette distinction industrielle. Les perturbations liées aux conflits au Moyen-Orient et à la guerre entre la Russie et l'Ukraine affectent simultanément des installations de traitement, des routes commerciales et des flux de produits raffinés.
Le marché mondial ne réagit donc pas uniquement au nombre de barils extraits chaque jour. Il réagit aussi à la capacité des opérateurs à transformer ces barils en diesel, essence, kérosène ou autres produits, puis à les livrer aux régions qui en ont besoin.
Cette situation explique pourquoi un pays peut disposer de ressources pétrolières importantes et rencontrer malgré tout des pénuries locales de carburant. Elle explique également pourquoi certaines raffineries encore opérationnelles bénéficient de marges exceptionnellement élevées.
Une réserve de pétrole ne fait pas fonctionner un avion. Il faut une raffinerie, un carburant conforme, des stocks disponibles et une chaîne logistique opérationnelle. Analyse NEXUS
L'économie du raffinage repose sur un arbitrage permanent entre le prix des matières premières, le coût du traitement, la composition des produits fabriqués et la demande de chaque marché.
La différence entre la valeur commerciale des produits raffinés et celle du brut utilisé constitue un indicateur central des marges de raffinage. Lorsque le diesel devient rare, cette différence peut augmenter fortement, sans que la rentabilité finale soit identique pour tous les opérateurs.
02 / Russie & Ukraine
Quel est l'impact réel des attaques contre les raffineries russes en octobre 2026 ?
Selon un article d'OilPrice citant le Wall Street Journal, les forces ukrainiennes ont mené plus de 100 attaques de drones contre des infrastructures russes de raffinage sur plusieurs mois. Environ 30 raffineries auraient été visées. Cette campagne a affecté la disponibilité des carburants, mais les réparations et l'évolution des frappes modifient progressivement la situation.
La Russie disposait avant les attaques d'une capacité nominale de raffinage d'environ 6,1 millions de barils par jour, d'après les données reprises par OilPrice. Les installations ciblées représenteraient une part importante de ce total.
Il faut cependant éviter une erreur fréquente : dire que des raffineries représentant 80 % de la capacité nationale ont été ciblées ne signifie pas que 80 % de la production a été détruite.
Les dommages varient selon les sites. Une installation peut subir une interruption temporaire, fonctionner partiellement ou retrouver une activité après remplacement de certains équipements.
| Indicateur | Valeur rapportée | Ce qu'elle signifie réellement |
|---|---|---|
| Attaques de drones | Plus de 100 | Nombre cumulé rapporté d'attaques sur plusieurs mois |
| Raffineries visées | Environ 30 | Sites ciblés, sans équivalence avec un nombre d'installations détruites |
| Capacité nationale avant attaques | 6,1 millions b/j | Capacité de référence rapportée, non production effectivement constatée chaque jour |
| Raffinage russe, seconde moitié d'octobre | Environ 5 millions b/j | Estimation d'activité rapportée par Reuters et reprise par OilPrice |
| Reprise entre début et seconde moitié d'octobre | Environ +25 % | Évolution de l'activité estimée, pas une récupération complète des capacités |
Sources : OilPrice, 28 octobre 2026, citant le Wall Street Journal, Industrial Info Resources et Reuters [1]. Les chiffres doivent être compris selon leur périmètre respectif.
Une reprise de production qui ne signifie pas la fin des tensions
Selon Reuters, cité par OilPrice, le raffinage russe a progressé d'environ 25 % entre le début et la seconde moitié d'octobre, pour atteindre environ 5 millions de barils par jour.
Les autorités russes attribuent une partie de cette reprise aux réparations réalisées avec des équipements produits localement. Cette explication relève de leurs déclarations et ne permet pas, à elle seule, de vérifier la capacité de fonctionnement de chaque installation.
Le 29 octobre, le Kyiv Post et le Kyiv Independent rapportent également l'assouplissement des restrictions de vente de carburant dans 15 régions russes, dont certaines zones occupées d'Ukraine.
Des limitations persistent toutefois dans d'autres territoires. La baisse du nombre de stations en rupture de stock ne garantit donc pas un retour immédiat à une distribution normale sur l'ensemble du pays.
Disponibilité des carburants dans les stations russes
Part de stations signalées comme disposant de chaque carburant au 28 octobre 2026, selon les données de Benzonavt reprises par Kyiv Post [2].
Indicateur issu de signalements et de sources ouvertes, non d'un recensement exhaustif de toutes les stations. Il ne mesure pas directement les stocks nationaux de carburant.
Cette situation révèle une asymétrie importante. La reprise d'une partie du raffinage peut améliorer l'approvisionnement, tandis que la logistique, les stocks régionaux et les interruptions locales continuent de provoquer des déséquilibres.
03 / Marchés mondiaux
Pourquoi le diesel et le carburéacteur restent-ils sous pression malgré les réparations ?
Le marché mondial des carburants subit des perturbations provenant de plusieurs régions productrices. Des dommages aux installations du Moyen-Orient s'ajoutent aux difficultés russes, réduisant la flexibilité des approvisionnements. Les raffineries encore disponibles ne peuvent pas toujours compenser rapidement les volumes manquants, en particulier lorsque leurs équipements et leurs unités de conversion fonctionnent déjà à pleine charge.
OilPrice souligne le 28 octobre que le problème international dépasse la seule disponibilité du pétrole brut. Les tensions portent également sur la capacité de traitement et la production des carburants les plus demandés.
Les prix des produits raffinés peuvent alors progresser davantage que ceux du brut. Les opérateurs de transport, les distributeurs, les compagnies aériennes et les industries fortement dépendantes du diesel sont particulièrement exposés.
La situation est renforcée par les risques pesant sur certaines installations du Golfe. OilPrice mentionne notamment une revendication d'attaque contre la raffinerie saoudienne de Ras Tanura, sans confirmation par les autorités saoudiennes au moment de la publication. Cette revendication ne doit donc pas être présentée comme un dommage officiellement établi.
Trois mécanismes de transmission économique
Capacité de raffinage
Des dommages ou des arrêts industriels limitent les volumes de carburant pouvant être fabriqués, même lorsque du brut est disponible.
Transport et stockage
Ports, terminaux, oléoducs, navires et dépôts déterminent la capacité à acheminer les carburants vers les consommateurs.
Renchérissement du diesel
Les prix élevés peuvent augmenter les coûts des entreprises de transport, de l'agriculture, du bâtiment et de certaines activités industrielles.
Répercussions économiques
Les entreprises peuvent transmettre une partie de leurs coûts à leurs clients, réduire certaines activités ou mobiliser leurs stocks.
La propagation des tensions dépend néanmoins des mécanismes locaux. Les systèmes fiscaux, les contrats de fourniture, les stocks disponibles et les politiques publiques peuvent atténuer ou amplifier les variations ressenties par les consommateurs.
Une hausse internationale du diesel ne se traduit donc pas mécaniquement par une hausse identique dans chaque pays.
04 / Résultats financiers
Comment Shell réalise-t-il 10,8 milliards de dollars de bénéfices dans cette crise énergétique ?
Le 29 octobre 2026, Shell annonce 10,814 milliards de dollars de bénéfices ajustés pour son troisième trimestre, contre 5,432 milliards un an auparavant. Le groupe bénéficie notamment de marges de raffinage élevées, de prix favorables sur certaines activités énergétiques et de sa présence internationale. Ses résultats illustrent une redistribution des gains et des coûts pendant les crises d'approvisionnement.
Le communiqué officiel de Shell distingue les bénéfices ajustés du résultat attribuable aux actionnaires. Cette différence est essentielle pour comprendre les chiffres.
Les bénéfices ajustés, mesure non définie par les normes comptables générales, éliminent certains éléments pour faciliter la comparaison entre périodes. Le résultat attribuable aux actionnaires intègre, quant à lui, les effets comptables prévus par le référentiel applicable.
| Indicateur | T3 2026 | T3 2025 |
|---|---|---|
| Bénéfices ajustés | 10,814 Md$ | 5,432 Md$ |
| Résultat attribuable aux actionnaires | 12,057 Md$ | 5,322 Md$ |
| EBITDA ajusté | 22,736 Md$ | 14,773 Md$ |
| Flux de trésorerie opérationnels | 21,043 Md$ | 12,207 Md$ |
| Flux de trésorerie disponible | 16,322 Md$ | 9,950 Md$ |
Source : Shell plc, résultats officiels non audités du troisième trimestre 2026, publiés le 29 octobre [4]. Montants exprimés en milliards de dollars.
Une marge indicative de raffinage à 42 dollars par baril
Shell rapporte une marge indicative mondiale de raffinage de 42 dollars par baril au troisième trimestre, contre 24 dollars au deuxième. La progression entre les deux périodes atteint 75 %.
Cet indicateur mesure l'environnement économique du raffinage selon la méthodologie du groupe. Il ne signifie pas que Shell réalise 42 dollars de bénéfice net sur chaque baril effectivement traité.
Les marges dépendent également des coûts d'exploitation, de l'énergie consommée, des arrêts industriels, des volumes produits et de la structure commerciale de chaque raffinerie.
Quand une partie des raffineries mondiales devient indisponible, les installations encore opérationnelles peuvent prendre une valeur économique accrue. Analyse NEXUS
Cette dynamique ne doit pas masquer les dommages que Shell subit aussi dans certaines de ses installations et activités au Moyen-Orient. Le groupe peut bénéficier de prix élevés sur certains marchés tout en supportant des pertes opérationnelles ou des coûts supplémentaires sur d'autres actifs.
Le retour de capital aux actionnaires
Shell annonce également un nouveau programme de rachat d'actions de 5 milliards de dollars. Le programme constitue un mécanisme de redistribution du capital vers les actionnaires, distinct du dividende ordinaire.
Ce choix reflète la capacité financière du groupe, mais ouvre aussi un débat sur l'allocation du capital entre rémunération des investisseurs, investissements productifs, adaptation industrielle et transition énergétique.
Il serait abusif d'affirmer que l'intégralité des bénéfices de Shell provient directement des conflits. La performance dépend aussi de ses volumes, de son portefeuille d'activités et de ses décisions opérationnelles.
05 / Politique industrielle européenne
Pourquoi l'Union européenne réévalue-t-elle ses raffineries le 28 octobre 2026 ?
La Commission européenne a organisé le 28 octobre 2026 un dialogue de haut niveau consacré à l'industrie du raffinage. L'objectif est de renforcer la sécurité d'approvisionnement, la compétitivité industrielle et la préparation aux besoins de défense. Cette initiative ne constitue pas un abandon de la décarbonation : elle cherche à articuler la transition énergétique avec la disponibilité de carburants encore indispensables.
La réunion était coprésidée par Dan Jørgensen, commissaire européen chargé de l'Énergie et du Logement, et Andrius Kubilius, commissaire chargé de la Défense et de l'Espace.
Des représentants de l'industrie pétrolière, des producteurs de carburants émergents, des entreprises d'ingénierie et de l'OTAN ont participé au dialogue.
La Commission rappelle que les raffineries de l'Union européenne fournissent environ 70 % du carburéacteur et 85 % du diesel consommés en Europe [5].
Contribution des raffineries de l'UE à la consommation européenne
Source : Commission européenne, 28 octobre 2026. Ces parts ne mesurent pas l'autosuffisance pétrolière, car les raffineries européennes utilisent largement du pétrole brut importé.
Le dialogue vise à identifier des mesures capables de soutenir la production des carburants les plus nécessaires à court terme, tout en préparant l'évolution des raffineries vers des carburants renouvelables et synthétiques.
La participation des autorités de défense ajoute une dimension nouvelle à cette réflexion. Le diesel et le carburant aérien sont essentiels aux transports commerciaux, mais également à certaines capacités militaires et logistiques.
Pour autant, cette réunion n'établit pas encore de programme de financement général des raffineries européennes ni d'obligation de maintenir tous les sites industriels existants.
Le 22 octobre, le groupe européen de coordination pétrolière avait confirmé que les marchés du diesel et du carburéacteur restaient tendus, sans pénurie physique généralisée dans l'UE à cette date [6].
La différence entre disponibilité et autonomie
Une raffinerie située en Europe peut réduire la dépendance aux carburants finis importés tout en restant dépendante du brut étranger.
Une stratégie d'autonomie énergétique doit donc considérer la diversification du pétrole brut, les capacités de transformation, les stocks et les réseaux de distribution.
La fermeture d'une installation ne supprime pas seulement des équipements. Elle peut également réduire la disponibilité de compétences spécialisées, de connexions portuaires et d'infrastructures de stockage difficiles à reconstituer rapidement.
06 / Transition énergétique
La crise du raffinage peut-elle ralentir ou accélérer la transition énergétique ?
Les tensions sur les carburants peuvent renforcer les incitations à électrifier les transports et à développer des alternatives énergétiques. Mais cette transformation ne supprime pas immédiatement les besoins en diesel, kérosène et autres carburants liquides. Les contraintes techniques, industrielles et logistiques imposent des trajectoires différentes selon les usages.
Le transport routier léger dispose de solutions électriques de plus en plus développées. L'aviation, certains transports lourds et plusieurs usages industriels restent plus difficiles à substituer rapidement.
Les politiques publiques doivent donc gérer deux horizons complémentaires : préserver des capacités suffisantes pour répondre aux besoins actuels et investir dans la diminution progressive des dépendances futures.
Dans ce contexte, les biocarburants et carburants synthétiques apparaissent comme des voies de diversification. Leur déploiement dépend toutefois des matières premières disponibles, des procédés industriels, de l'électricité, de l'hydrogène et des coûts de production.
| Réponse possible | Contribution principale | Limites à considérer |
|---|---|---|
| Maintenir des raffineries stratégiques | Préserver une capacité régionale de carburants | Coûts, émissions et dépendance au brut |
| Diversifier les fournisseurs | Réduire le risque de concentration géographique | Transport et capacité disponible ailleurs |
| Renforcer les stocks | Amortir les ruptures temporaires | Durée limitée et contraintes de distribution |
| Électrifier les usages adaptés | Réduire la consommation future de certains carburants | Réseaux, investissements et renouvellement des équipements |
| Développer les carburants alternatifs | Diversifier les sources d'approvisionnement | Disponibilité des intrants et coûts industriels |
La performance réelle d'une stratégie dépendra de sa capacité à combiner ces réponses sans surestimer les possibilités de substitution immédiate.
Il ne s'agit ni de maintenir indéfiniment toutes les raffineries conventionnelles ni de considérer leur disparition comme sans conséquence. La question est de déterminer quelles capacités restent nécessaires pendant la transition et comment préparer leur évolution.
07 / Points de vigilance
Quels chiffres et quelles affirmations doivent être interprétés avec prudence ?
Les informations sur les attaques, les pertes de capacité et les prix proviennent de sources aux méthodes différentes. Les déclarations militaires, les estimations d'analystes, les données officielles et les résultats comptables ne possèdent pas le même niveau de vérification. Il est donc nécessaire de les présenter séparément et de préciser ce qu'elles ne démontrent pas.
Quatre distinctions essentielles
1. Une raffinerie ciblée n'est pas nécessairement détruite. Les chiffres portant sur les installations visées ne peuvent pas être convertis directement en production définitivement perdue.
2. La reprise du raffinage russe reste une estimation. Les données de l'activité nationale ne documentent pas automatiquement l'état détaillé de chaque site ni la disponibilité des produits dans toutes les régions.
3. Les tensions mondiales ne démontrent pas une pénurie partout. L'Union européenne signalait le 22 octobre une offre physique encore suffisante, malgré un marché tendu.
4. Les bénéfices élevés de Shell ne prouvent aucune responsabilité dans les conflits. La hausse des marges est un effet économique documenté du contexte énergétique, mais ne constitue pas une preuve d'action illégale ou de manipulation des prix.
Il convient également de distinguer les prix de produits raffinés des prix du brut. Une hausse des marges de raffinage peut résulter de différences de disponibilité et de demande entre plusieurs carburants.
Enfin, les risques géopolitiques restent évolutifs. Une désescalade, de nouvelles réparations ou la réouverture de certaines routes peuvent modifier les anticipations. À l'inverse, de nouvelles interruptions peuvent prolonger les tensions.
08 / Analyse NEXUS Expo & Summit
Lecture NEXUS : comment les quatre univers révèlent-ils les interdépendances de l'énergie ?
La crise du raffinage démontre qu'une infrastructure énergétique ne fonctionne pas isolément. La capacité de produire du carburant dépend des installations industrielles, des flux de matières, des comportements de consommation et des systèmes technologiques. La Matrice NEXUS des interdépendances systémiques permet de lire ces relations à travers LIVING, MOTION, STYLE et TECH.
Pour les entreprises, cette grille peut servir à identifier de nouveaux besoins commerciaux et industriels. Une rupture énergétique affecte simultanément les transports, l'exploitation des bâtiments, les prix des biens, la logistique et la continuité des services.
Les effets sont interdépendants, mais non uniformes. Une hausse du diesel peut fragiliser certains transporteurs, stimuler des investissements dans l'efficacité énergétique et modifier les conditions économiques de projets industriels.
Énergie des bâtiments, production industrielle, stockage, infrastructures critiques, construction et résilience des territoires.
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Une entreprise logistique peut chercher à réduire son exposition aux carburants. Pour y parvenir, elle peut avoir besoin de logiciels d'optimisation, d'équipements plus efficaces, de nouvelles solutions d'approvisionnement ou de financements adaptés.
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La crise mondiale du raffinage rappelle ainsi une réalité économique essentielle : la solidité d'un système dépend autant de ses capacités productives que des relations entre les organisations qui assurent son fonctionnement.
Comprendre la crise mondiale du raffinage
Pourquoi les raffineries russes sont-elles au cœur de la crise énergétique de 2026 ?
Les attaques ukrainiennes ont perturbé une partie de la capacité russe à transformer le pétrole brut en carburants. La Russie a engagé des réparations et retrouvé une partie de son activité, mais les tensions d'approvisionnement et les risques de nouvelles interruptions persistent.
Combien de raffineries russes ont été visées ?
Selon OilPrice, citant le Wall Street Journal, environ 30 raffineries ont été visées au cours de plusieurs mois. Ce nombre ne signifie pas que toutes les installations ont été détruites ou mises hors service définitivement.
Pourquoi les bénéfices de Shell ont-ils presque doublé ?
Shell a bénéficié de marges de raffinage élevées, de conditions de marché favorables sur certaines activités et de ses performances opérationnelles. Ses bénéfices ajustés ont atteint 10,814 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, contre 5,432 milliards un an plus tôt.
L'Europe connaît-elle une pénurie de diesel en octobre 2026 ?
La Commission européenne indiquait le 22 octobre que les marchés du diesel et du carburéacteur restaient tendus, mais qu'aucune pénurie physique généralisée n'était constatée dans l'Union européenne à cette date.
Pourquoi le raffinage est-il important pour la défense européenne ?
Les forces armées dépendent de carburants répondant à des exigences techniques et logistiques précises. La présence de raffineries, de stocks, de pipelines et de réseaux de distribution conditionne la capacité à assurer ces approvisionnements en situation de crise.
Quel est le rôle de NEXUS Expo & Summit dans ces enjeux ?
NEXUS Expo & Summit propose une lecture intersectorielle reliant énergie, infrastructures, mobilité, technologies et financement. Sa plateforme NEXUS 365 vise à faciliter des coopérations entre organisations confrontées à des besoins économiques et industriels concrets.
Sources & documentation
- OilPrice — Irina Slav, 28 octobre 2026. « Oil Refineries Become Prime Targets as Global Fuel Shortage Worsens ». Analyse des attaques contre les raffineries russes, de la reprise du raffinage et des perturbations au Moyen-Orient. Consulter l'analyse.
- Kyiv Post, 29 octobre 2026. « Russia Eases Fuel Restrictions in 15 Regions After Pause in Ukrainian Strikes on Refineries ». Réouverture partielle des ventes et indicateurs de disponibilité. Lire l'article.
- The Kyiv Independent — Tim Zadorozhnyy, 29 octobre 2026. « Russia's fuel shortages ease as Ukraine faces Trump pressure to halt refinery strikes ». Lire le reportage.
- Shell plc — Résultats officiels du troisième trimestre 2026, 29 octobre 2026. Bénéfices ajustés, EBITDA, flux de trésorerie, performances opérationnelles et distribution de capital. Consulter le communiqué financier.
- Commission européenne, 28 octobre 2026. « Commission launches High-Level Dialogue with the European oil refining sector ». Lire la communication officielle.
- Commission européenne, 22 octobre 2026. « Oil Coordination Group discusses EU fuel market developments ». Évaluation de l'approvisionnement et des tensions sur le diesel et le carburéacteur. Lire le communiqué.
- Commission européenne, 29 septembre 2026. « Oil Coordination Group: Continued concern about prices while supply remains stable ». Données relatives à l'utilisation des raffineries européennes. Lire l'évaluation.
- Eurostat, données 2024 publiées en 2026. « Oil and petroleum products — a statistical overview ». Production européenne de produits raffinés et évolution du marché. Consulter les statistiques.
- Commission européenne — European refining. Dossier institutionnel consacré à la sécurité énergétique et à la transformation de l'industrie européenne du raffinage. Consulter le dossier.
Note méthodologique : cette analyse distingue les publications officielles, les résultats financiers des entreprises, les estimations de marché et les déclarations rapportées par la presse. Les capacités nominales, les volumes effectivement raffinés, les sites ciblés et les dommages constatés sont des indicateurs différents. Les informations sont arrêtées au 29 octobre 2026.
Note éditoriale : cette publication constitue une analyse indépendante de NEXUS Research. Elle ne représente ni une communication officielle des entreprises, gouvernements ou institutions mentionnés, ni un partenariat avec ceux-ci. Les commentaires prospectifs sont des analyses, sans garantie de réalisation et sans recommandation d'investissement. Aucune image ni logo n'est reproduit dans cette version.