INGÉNIERIE · INFRASTRUCTURES · AFRIQUE
JESA Group : l’ingénierie marocaine au cœur des infrastructures qui redessinent l’Afrique
De l’eau dessalée aux lignes ferroviaires, des complexes industriels aux villes durables, JESA illustre une nouvelle génération d’ingénierie marocaine : intégrée, africaine et capable de relier industrie, infrastructures, transition énergétique et transformation numérique.
1. Une ingénierie née au Maroc, pensée pour l’Afrique
JESA n’est pas seulement un bureau d’études. L’entreprise a été créée en 2010 au Maroc comme coentreprise entre OCP Group et Worley. Son positionnement est celui d’un fournisseur de solutions de bout en bout, capable d’intervenir depuis le conseil et les études jusqu’à l’ingénierie, la livraison de projets et la gestion d’actifs.
Cette architecture explique son empreinte. JESA se présente aujourd’hui comme un acteur majeur de l’ingénierie en Afrique, actif dans les mines, l’industrie, l’énergie, l’eau, les infrastructures, le transport et le développement urbain. Son site institutionnel fait état de plus de 1 700 collaborateurs de 30 nationalités, de plus de 300 projets et de bureaux répartis sur le continent africain et aux États-Unis.
Le fil directeur est moins sectoriel qu’il n’y paraît. Qu’il s’agisse d’une usine, d’un réseau d’eau, d’une gare ou d’un projet urbain, JESA travaille sur la même question : comment transformer une ambition économique en actif exploitable, sécurisé et durable ?
2. Eau, énergie, industrie : l’ingénierie des systèmes critiques
L’eau illustre particulièrement bien cette logique systémique. Dans un Maroc soumis à une pression hydrique structurelle, l’ingénierie ne consiste plus seulement à construire une station de traitement. Elle doit connecter dessalement, transfert, stockage, distribution, énergie, sécurité d’exploitation et besoins industriels ou urbains.
Le pipeline Jorf–Khouribga (J2K) en est un exemple spectaculaire. OCP Group indique que cet ouvrage, conçu avec le concours de JESA et d’autres cabinets d’ingénierie, s’étend sur plus de 200 kilomètres. Alimenté depuis une unité de dessalement de Jorf Lasfar, il peut transférer jusqu’à 80 millions de m³ d’eau dessalée par an vers le bassin minier de Khouribga. Le groupe souligne également une réalisation en 24 mois.
Ce type de projet montre pourquoi l’ingénierie devient une infrastructure de souveraineté. L’eau sécurise l’industrie ; l’énergie conditionne le coût de l’eau ; les réseaux déterminent la résilience des territoires ; et la disponibilité des ressources influence directement la compétitivité industrielle.
200+ km
longueur annoncée du pipeline Jorf–Khouribga
80 M m³/an
capacité maximale de transfert d’eau dessalée annoncée par OCP Group
Les grands projets ne se développent plus en silos : ils relient mobilité, habitat, industrie, énergie et technologie.
{INLINE_CTA}3. La LGV Kénitra–Marrakech, signal d’un nouveau cycle d’infrastructures
Le ferroviaire apporte un second signal. Le 31 août 2026, Médias24 a rapporté que JESA avait été retenue pour assurer l’ordonnancement, le pilotage et la coordination des travaux de plusieurs nouvelles gares et technicentres liés à la future LGV Kénitra–Marrakech.
Le marché, d’un montant global de 8,6 millions de dirhams, est réparti en deux lots. Le premier concerne notamment le nouveau terminal ferroviaire de l’aéroport de Casablanca, Marrakech Guéliz et la gare LGV de la Ville verte de Benguérir. Le second porte sur les technicentres de Marrakech, Nouaceur et Fès. La durée annoncée des missions est de 30 mois.
Au-delà du montant du contrat, l’intérêt stratégique est ailleurs : une gare n’est plus seulement un ouvrage ferroviaire. Elle devient un nœud reliant transport, immobilier, commerce, tourisme, énergie, services numériques et aménagement urbain. L’ingénierie doit donc coordonner des systèmes qui évoluent à des rythmes différents mais doivent fonctionner ensemble le jour de l’ouverture.
4. Du béton au digital : quand l’ingénierie devient une couche de décision
La prochaine frontière de l’ingénierie n’est pourtant pas uniquement physique. Dans son activité de conseil, JESA présente aussi des compétences en digitalisation industrielle : stratégie d’actifs digitaux, digitalisation et automatisation des workflows, architecture de solutions et conseil technologique.
Cette évolution est logique. Plus les infrastructures deviennent complexes, plus leur performance dépend d’une représentation numérique fiable : état des actifs, maintenance, consommation d’énergie, qualité, sécurité, planification, risques et coûts. Le projet construit continue donc à produire de la valeur — ou des risques — pendant des décennies après sa livraison.
L’enjeu n’est plus simplement de livrer un actif conforme. Il est de créer un système que l’exploitant peut observer, maintenir, optimiser et adapter. C’est là que l’ingénierie rejoint les digital twins, l’IoT, l’IA industrielle, la cybersécurité et la gouvernance des données.
5. Pourquoi JESA se lit naturellement à travers les quatre univers NEXUS
JESA offre un cas presque pédagogique de l’interdépendance que NEXUS veut rendre visible. Une même entreprise peut intervenir dans un projet industriel, un réseau d’eau, une infrastructure ferroviaire, un quartier urbain ou la digitalisation d’un actif. Chaque projet mobilise plusieurs univers à la fois.
LIVING
Urbanisme, bâtiments, eau, résilience, infrastructures territoriales et actifs urbains : l’ingénierie transforme directement la manière de construire et de faire fonctionner les lieux de vie.
MOTION
Rail, routes, ports, logistique et infrastructures de transport : la coordination technique conditionne la fluidité des personnes, marchandises et chaînes industrielles.
STYLE
Hospitality, centres urbains, équipements publics et destinations : la qualité technique influence l’expérience, l’attractivité, la confiance et la valeur d’usage d’un lieu.
TECH
Digitalisation industrielle, automatisation, actifs connectés et données d’exploitation : la couche numérique devient inséparable de la performance des infrastructures physiques.
Cette lecture conduit à une conclusion simple : le futur des grands projets marocains et africains ne se jouera pas dans l’excellence d’un seul métier. Il se jouera dans la capacité à faire dialoguer plusieurs disciplines, plusieurs infrastructures et plusieurs temporalités autour d’un même résultat économique, humain et environnemental.
Pour NEXUS, c’est précisément ce type d’acteur qui permet de passer d’une juxtaposition de secteurs à une conversation sur les systèmes. JESA ne représente donc pas seulement l’ingénierie ; elle illustre la manière dont l’ingénierie peut devenir le langage commun entre la ville, l’industrie, la mobilité, les ressources et la technologie.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que JESA Group ?
JESA est une société d’ingénierie et de gestion de projets créée au Maroc en 2010 comme coentreprise entre OCP Group et Worley. Elle intervient notamment dans les mines, l’industrie, l’énergie, l’eau, les infrastructures, le transport et le développement urbain.
Pourquoi JESA est-elle pertinente pour une lecture multisectorielle ?
Parce que ses projets relient souvent plusieurs chaînes de valeur à la fois : ressource en eau, énergie, industrie, transport, actifs urbains et digitalisation. Cette transversalité correspond directement à la logique des quatre univers NEXUS.
Sources
Faire dialoguer ingénierie, infrastructures, mobilité et technologie à Tanger.
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