AUTOMATISATION · IA INDUSTRIELLE · BÂTIMENTS · ÉNERGIE
Honeywell 2026 : de l’automatisation à l’autonomie, une recomposition industrielle qui touche l’Afrique
Depuis le 29 juin 2026, Honeywell n’est plus le conglomérat que les industriels ont connu pendant des décennies. Après la séparation de l’aéronautique, l’entreprise cotée sous le ticker HON s’appelle Honeywell Technologies et se concentre sur l’automatisation des bâtiments, des procédés et des opérations industrielles. Son cap déclaré — passer de l’automatisation à l’autonomie — se matérialise désormais dans l’IA, la cybersécurité OT, l’énergie et de nouveaux projets africains.
01 · CONTEXTE
Que reste-t-il de Honeywell après la scission de juin 2026 ?
Depuis le 29 juin 2026, le périmètre coté sous le ticker HON est Honeywell Technologies, une entreprise centrée sur l’automatisation des bâtiments, des procédés et des opérations industrielles. Honeywell Aerospace est devenue une société indépendante sous le ticker HONA, après la séparation de Solstice Advanced Materials en octobre 2025.
Cette rupture impose de lire avec prudence les chiffres historiques. Le Form 10-K 2025 de l’ancien Honeywell International fait état de 37,442 milliards de dollars de ventes nettes pour les activités poursuivies. Mais ce périmètre comprenait encore Aerospace Technologies, Industrial Automation, Building Automation et Energy & Sustainability Solutions. Il ne correspond donc plus à l’entreprise actuelle.
Après la scission de l’aéronautique, Honeywell Technologies annonce plus de 50 000 collaborateurs et trois segments : Building Automation, Process Automation & Technology et Industrial Automation. En juillet, le groupe a relevé sa prévision 2026 à 19,8–20,0 milliards de dollars de chiffre d’affaires, avec une croissance organique attendue de 3 à 4 %.
Le deuxième trimestre permet de comprendre le nouvel équilibre : 2,002 milliards de dollars de ventes pour Building Automation, 1,679 milliard pour Process Automation & Technology et 1,501 milliard pour Industrial Automation. Ces montants portent sur un trimestre ; ils ne doivent pas être additionnés aux chiffres annuels de l’ancien conglomérat sans retraitement.
02 · AUTONOMIE
Pourquoi Honeywell parle-t-il désormais d’autonomie plutôt que d’automatisation ?
Le changement de vocabulaire décrit une ambition technique précise : passer de systèmes qui exécutent des règles programmées à des systèmes capables d’analyser un contexte, de recommander une action et, dans certains cas, de prendre automatiquement des décisions encadrées. Honeywell place Forge, Experion et l’IA au centre de cette évolution.
En juin 2026, Honeywell a présenté Experion Cognition, une plateforme de contrôle dotée d’IA visant à faire progresser les opérations autonomes. Un proof of concept a été démontré sur le complexe de Ruwais de Borouge International, aux Émirats arabes unis. La plateforme est conçue pour repérer des situations anormales, formuler des recommandations et automatiser certaines décisions de contrôle.
Trois mois plus tôt, l’entreprise avait lancé commercialement Experion Operations Assistant. Honeywell indique que, durant une phase pilote impliquant notamment Chevron et TotalEnergies, l’assistant a pu anticiper certains incidents d’alarme de cinq à dix minutes en moyenne. Ce résultat vient d’un pilote communiqué par le fournisseur ; il ne constitue pas une performance garantie pour tous les sites.
Cette évolution repose aussi sur la couche logicielle Honeywell Technologies Forge. Dès 2024, Honeywell et Google Cloud avaient annoncé une collaboration reliant les données industrielles de Forge aux capacités d’IA de Google Cloud pour développer des agents et des interfaces en langage naturel. L’enjeu n’est donc plus seulement la supervision : il est de réduire le temps entre donnée, diagnostic et action.
La valeur se déplace vers l’interface entre monde physique et logiciel. Un algorithme n’améliore pas une usine s’il ne comprend pas les équipements, les contraintes de sécurité, les limites des procédés et les responsabilités humaines. C’est précisément sur cette jonction que se joue la crédibilité des promesses d’autonomie.
03 · CYBERSÉCURITÉ OT
La cybersécurité OT devient-elle un indicateur de continuité industrielle ?
Oui, parce qu’une attaque sur les technologies opérationnelles peut désormais arrêter un procédé physique, une ligne de production, un bâtiment ou une infrastructure. Le benchmark OT publié par Honeywell en septembre 2026 montre surtout un écart entre la confiance déclarée par les entreprises et leur visibilité réelle sur les actifs connectés.
Le rapport repose sur une enquête menée auprès de plus de 600 responsables cybersécurité, risques, conformité et opérations dans des secteurs d’infrastructures critiques. 88 % qualifient leur programme OT de mature, mais seulement 21 % déclarent posséder un inventaire complet de leurs actifs OT.
Les répondants rapportent une moyenne de 16,2 heures d’indisponibilité lors de leur incident cyber le plus significatif et des pertes pouvant atteindre 500 000 dollars par heure. Ces chiffres décrivent l’échantillon interrogé par Honeywell ; ils ne doivent pas être extrapolés mécaniquement à toutes les entreprises.
| Indicateur du benchmark 2026 | Résultat | Lecture |
|---|---|---|
| Programme OT jugé « mature » | 88 % | Perception déclarative des répondants |
| Inventaire OT complet | 21 % | Visibilité technique encore limitée |
| OT intégré à un SOC centralisé | 33 % | Convergence IT/OT incomplète |
| Surveillance continue des objets IoT | 20 % | Angle mort sur caméras, capteurs et équipements connectés |
| Impact attendu de l’IA sur la sécurité OT | 99 % | Consensus sur un changement à deux ou trois ans |
04 · AFRIQUE & MAROC
Que révèle l’Afrique dans la stratégie actuelle de Honeywell Technologies ?
L’Afrique apparaît comme un terrain d’application concret pour les bâtiments intelligents, les infrastructures critiques et les procédés énergétiques. En 2026, Honeywell a été visible au Maroc sur la Building Automation, a renforcé un partenariat d’ingénierie en Afrique du Nord et vient d’être sélectionné sur un projet énergétique majeur au Kenya.
À GITEX Africa 2026 à Marrakech, Honeywell Building Automation a présenté des solutions destinées aux data centers, à la santé, à l’hospitality, aux transports, à l’industrie et aux villes intelligentes. La page officielle mettait en avant sécurité, efficacité énergétique et expérience des occupants, avec des solutions de contrôle d’accès, détection incendie, vidéo, supervision et gestion de bâtiments.
En février, Honeywell avait également annoncé un accord avec Kortech, filiale de Hassan Allam Holding, pour associer ses technologies d’automatisation, logiciels et analytics aux capacités d’ingénierie et de réalisation de Kortech dans des projets d’infrastructures au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Le signal le plus récent est africain. Le 30 septembre 2026, Honeywell Technologies a annoncé sa sélection par Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals pour le projet de raffinerie de 700 000 barils par jour au Kenya. Selon Honeywell, l’utilisation de conceptions d’ingénierie déjà développées pour le complexe de Lekki pourrait réduire le calendrier de développement d’environ deux ans, soit près de 30 % par rapport à un projet neuf typique.
Ces projets ne signifient pas que toutes les opérations africaines suivent la même trajectoire. Ils montrent plutôt une convergence de besoins : moderniser des actifs existants, sécuriser leur exploitation, gérer l’énergie et rapprocher données, maintenance et décisions opérationnelles.
05 · BÂTIMENTS, PROCÉDÉS & ÉNERGIE
Pourquoi bâtiments, procédés et énergie deviennent-ils le même sujet d’automatisation ?
Les actifs physiques sont de plus en plus pilotés par les mêmes briques : capteurs, contrôle, logiciels, cybersécurité et analytics. Chez Honeywell Technologies, cette convergence se lit autant dans la croissance de Building Automation que dans l’élargissement du portefeuille de technologies de procédés et de catalyseurs.
Au deuxième trimestre 2026, Building Automation a enregistré 2,002 milliards de dollars de ventes et une croissance organique de 9 %. Honeywell indique que les commandes ont progressé de 13 %, soutenues notamment par les data centers et l’hospitality. Le bâtiment devient ainsi un système opérationnel : énergie, sécurité, contrôle d’accès, incendie et confort convergent sur des plateformes communes.
Sur les procédés, Honeywell Technologies a finalisé le 17 juillet l’acquisition de Johnson Matthey Catalyst Technologies pour 1,325 milliard de livres sterling. Le portefeuille ajouté couvre raffinage, pétrochimie, gaz, carburants renouvelables et solutions à faible carbone, avec l’objectif déclaré de combiner catalyseurs, technologies de procédés et capacités numériques.
Ce mouvement ne transforme pas automatiquement chaque actif en système autonome. Il crée plutôt une architecture dans laquelle le fournisseur peut intervenir de la couche physique jusqu’à la donnée. Pour les clients, la question devient alors celle de l’interopérabilité, de la dépendance technologique et de la capacité à garder la maîtrise des opérations.
06 · POINTS DE VIGILANCE
Où le récit de « l’autonomie » doit-il encore être testé ?
Le passage de l’automatisation à l’autonomie est crédible comme direction technologique, mais il doit être évalué site par site. Les pilotes d’IA ne sont pas des garanties universelles, les gains annoncés dépendent des données et de l’intégration, et les scissions rendent les comparaisons financières historiques moins immédiates.
Les performances communiquées pour Experion proviennent de pilotes ou de cas précis. Les gains réels dépendent du procédé, de la qualité des données, de la configuration et des équipes.
Dans les environnements critiques, gouvernance, responsabilité, validation opérateur et procédures de repli restent essentielles.
Plus les bâtiments et procédés deviennent connectés, plus la sécurité des actifs physiques, réseaux OT, capteurs et accès doit être traitée comme un enjeu d’exploitation.
Comparer 2025 à 2026 exige de distinguer l’ancien Honeywell International, Honeywell Technologies, Honeywell Aerospace et Solstice Advanced Materials.
LECTURE NEXUS
Pourquoi Honeywell illustre-t-il la matrice des quatre univers NEXUS ?
Honeywell Technologies se situe à l’intersection des quatre univers NEXUS : le bâtiment et la qualité d’usage pour Living, les infrastructures et les flux pour Motion, l’expérience et l’hospitality pour Style, puis l’IA, la data et la cybersécurité pour Tech. Cette transversalité est précisément ce que la matrice NEXUS cherche à rendre visible.
Gestion technique, santé, sécurité incendie, data centers, hospitality et efficacité énergétique.
Industrie, énergie, transport, installations critiques, maintenance et continuité opérationnelle.
Hospitality, accès, confort, sécurité, expérience occupant et qualité des interfaces physiques.
IA industrielle, Forge, Experion, cybersécurité OT, capteurs, analytics et systèmes de contrôle.
NEXUS 365 · FOUNDING SEASON
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Une demande d’introduction, un matching ou une participation ne garantit ni rendez-vous accepté, ni contrat, ni investissement. Honeywell Technologies n’est pas présenté ici comme exposant, sponsor ou partenaire NEXUS.
FAQ
Questions fréquentes sur Honeywell Technologies en 2026
Honeywell International existe-t-il encore sous la même forme ?
Non. Depuis le 29 juin 2026, l’entreprise d’automatisation cotée sous le ticker HON se présente comme Honeywell Technologies. Honeywell Aerospace est devenue indépendante sous le ticker HONA. Solstice Advanced Materials avait déjà été séparée le 30 octobre 2025.
Quel est le chiffre d’affaires de Honeywell Technologies ?
En juillet 2026, Honeywell Technologies a indiqué viser entre 19,8 et 20,0 milliards de dollars de ventes sur l’exercice 2026. Les 37,442 milliards de dollars de ventes nettes 2025 concernent l’ancien périmètre Honeywell après classement d’Advanced Materials en activités abandonnées et ne sont donc pas directement comparables.
Que signifie le passage « de l’automatisation à l’autonomie » ?
Il décrit le passage de systèmes qui exécutent des règles prédéfinies vers des systèmes capables d’exploiter les données, de détecter des anomalies, de recommander des actions et, dans certains cas, d’automatiser des décisions opérationnelles encadrées.
Honeywell est-il présent dans l’écosystème technologique marocain ?
Honeywell Building Automation disposait d’un espace dédié à GITEX Africa 2026 à Marrakech pour présenter des solutions liées aux data centers, à la santé, à l’hospitality, aux transports, à l’industrie et aux villes intelligentes. Cette présence événementielle ne suffit pas, à elle seule, à décrire l’ensemble de l’implantation commerciale du groupe au Maroc.
Pourquoi la cybersécurité OT est-elle importante pour Honeywell ?
Parce que ses systèmes pilotent des actifs physiques : procédés, bâtiments, capteurs, contrôle d’accès ou installations industrielles. Une compromission OT peut donc affecter directement la disponibilité, la sécurité et la continuité des opérations.
Honeywell Technologies participe-t-il à NEXUS ?
Aucune participation, aucun sponsoring ni partenariat Honeywell Technologies avec NEXUS n’est affirmé dans cet article. La publication est une analyse éditoriale indépendante fondée sur des sources publiques.
SOURCES
Sources primaires et documents consultés
- Honeywell Technologies — lancement comme société indépendante, 29 juin 2026.
- Honeywell Technologies — résultats du deuxième trimestre 2026, 23 juillet 2026.
- SEC — Honeywell International Inc., Form 10-K 2025.
- Honeywell — Experion Cognition et opérations autonomes chez Borouge, 9 juin 2026.
- Honeywell — lancement commercial d’Experion Operations Assistant, 19 mars 2026.
- Honeywell Technologies — OT Cybersecurity Benchmark Report 2026, 22 septembre 2026.
- Honeywell Technologies — projet Dangote au Kenya, 30 septembre 2026.
- Honeywell Building Automation — GITEX Africa Morocco 2026.
- Honeywell — collaboration Kortech pour les infrastructures MENA, 1er février 2026.
- Honeywell Technologies — acquisition de Johnson Matthey Catalyst Technologies, 17 juillet 2026.
- Honeywell — systèmes de contrôle et supervision industriels.
- Honeywell + Google Cloud — agents IA pour les opérations industrielles, 21 octobre 2024.
Crédits photographiques : Honeywell Technologies / Honeywell Scene7, visuels éditoriaux issus de la page officielle « Control and Supervisory Systems ». Les marques, noms et visuels appartiennent à leurs propriétaires respectifs.
Note éditoriale. Cette publication est une analyse indépendante de NEXUS à partir de sources publiques et officielles disponibles au 1 octobre 2026. Elle ne constitue ni une communication de Honeywell Technologies, ni une communication de Honeywell Aerospace, ni un partenariat, ni l’annonce d’une participation à NEXUS. Les performances citées sont rapportées dans leur contexte et ne valent pas promesse de résultat.